Qui sont les acteurs ?
L'association a besoin de s’entourer de nombreuses personnes. Celles-ci peuvent avoir des statuts différents et des fonctions, responsabilités et obligations différentes. Les adhérent-es apportent leur cotisation et leur soutien, les bénévoles donnent de leur temps, les volontaires s’engagent sur une période déterminée, les salarié-es remplissent leurs missions.
Ce schéma fournit-il tous les éléments d’explication ? Pas nécessairement. Par exemple, la cotisation n’est pas la seule marque possible d’adhésion à une association, l’engagement de participer à une activité peut en être une autre forme.
En fait, la distribution des rôles et des statuts dans l’association est plus facile à comprendre à partir de l’idée de projet.
Une association peut être composée de :
- Personnes physiques : individus ayant choisi de s’inscrire dans le projet
- Personnes morales : structures juridiques (associations, collectivités, entreprises...) regroupant des personnes physiques
Les adhérent-es et les bénévoles
En général, les adhérent-es payent une cotisation, et peuvent participer ensuite à la vie de l’association sous forme d’actions bénévoles. Comme expliqué au chapitre précédent, leur rôle est d’élire le conseil d’administration, garant de la vie démocratique et du cadre légal de l’association.
Il n’y a pas de rémunération en contrepartie de leur intervention.
Les bénévoles ne sont pas forcément adhérent-es à l'association mais peuvent soutenir de manière ponctuelle les membres lors d’actions spécifiques. Il faut alors vérifier auprès de son assureur qu’ils-elles sont bien pris-es en charge dans le contrat d’assurance.
Les administrateur-trices et membres du bureau
Ces personnes sont des adhérent-es élu-es en assemblée générale ordinaire, selon les dispositions statutaires, pour diriger et représenter l’association. Sauf exception, ces fonctions sont bénévoles (voir chapitre 2 et plus loin dans ce chapitre)
Les personnes salariées de l’association
L’association peut, pour la réalisation d’une mission bien définie ou pour assurer son fonctionnement, faire intervenir une tierce personne. Recrutée par les représentant-es élu-es ou par les salarié-es mandaté-es, ces personnes sont rémunérées sous forme de salaire.
Les intervenant-es extérieur-es
Ces personnes sont rémunérées sous forme de facture (entreprise extérieure) ou d’honoraires (travailleur indépendant). Ce type d’intervention s’inscrit dans un cadre juridique très précis.
Les volontaires
Ils se distinguent à la fois de la fonction de bénévole et de celle de salarié-e. Le volontariat se définit par les éléments ci-après :
- Le-la volontaire s’engage dans une mission d’intérêt général, d’une manière formelle (par contrat), pour une durée limitée.
- En contrepartie de cet engagement, il-elle perçoit une indemnité de subsistance qui n’est pas assimilable à un salaire (le volontariat est dérogatoire au Code du travail).
- Le contrat de volontariat n’implique pas de lien de subordination.
Qui est bénévole ?
Le-la bénévole agit dans une association pour lui permettre de mener à bien l’objet pour lequel elle s’est constituée en s’y investissant de manière volontaire. Le-la bénévole fournit un service pour une personne ou un organisme à titre gratuit.
Le bénévolat se distingue de la situation du-de la salarié-e essentiellement par les critères suivants :
- Le-la bénévole ne perçoit pas de rémunération. Il-elle peut être dédommagé-e des frais liés à son activité, sur présentation de justificatifs.
- Le-la bénévole n'est soumis à aucune subordination juridique. Il-elle ne peut recevoir aucune instruction impérative et ne peut être sanctionné-e par l'association, comme pourrait l'être un-e salarié-e.
- Sa participation est volontaire : il-elle est toujours libre d'y mettre un terme sans procédure ni dédommagement.
Ces éléments de définition doivent servir à éviter une requalification, toujours possible de l'activité bénévole en activité salariée, avec pour conséquences éventuelles : assujettissement du-de la salarié-e au régime général, paiement de cotisations sociales, nécessité d'observer les règles du Code du travail.
Les responsabilités des bénévoles
Le bénévolat ne constitue pas une clause d’exonération de responsabilité. Un-e bénévole peut causer des dommages corporels, matériels ou immatériels. Le-la responsable associatif répond sur le plan pénal des délits commis personnellement dans le cadre de ses fonctions.
Par ailleurs, un-e bénévole peut voir sa responsabilité financière engagée :
- S’il-elle a outrepassé ses pouvoirs.
- S’il-elle a commis une faute réelle et volontaire de gestion en cas de redressement ou de liquidation judiciaire.
Cumul avec d’autres statuts
Salarié-e et bénévole au sein de la même association
Il est possible de cumuler un contrat de travail et une activité bénévole au sein de la même association, si et seulement si, l’objet du bénévolat est bien distinct de celui du contrat de travail.
Bénévolat et chômage
Le règlement du Pôle emploi permet le maintien des allocations chômage sous réserve que l’activité bénévole :
- ne s’effectue pas chez un précédent employeur,
- ne se substitue pas à un emploi salarié,
- reste compatible avec l’obligation de recherche effective et permanente d’un emploi.
Bénévolat et retraite
Lorsque l’activité déployée par un-e retraité-e au sein d’une association ne donne lieu à aucune rémunération, elle ne le-la prive pas de ses droits de pension. Dans le cas contraire, le service de la pension de retraite pourrait être suspendu.
Le cumul d’une pré-retraite et d’activités bénévoles est admis s’il ne se substitue pas à l’embauche d’un-e salarié-e.
En savoir + :
URSSAF : www.urssaf.fr
Services fiscaux
Mémento Francis Lefèbvre Associations, fondations, congrégations 2011-2012
Comment se former ? Qui Forme ? Qui aide ?
La formation des membres est une garantie de qualité et d’évolution de l’association.
La formation peut être qualifiante, apportant des connaissances nouvelles. Elle peut être diplômante, permettant alors à l'adhérent-e, qu'il-elle soit bénévole ou salarié-e, de valoriser le diplôme auprès de son employeur.
La formation des bénévoles et des salarié-es est un atout capitalisable dans l’éventualité d’une Validation des Acquis de l’Expérience, passerelle vers la qualification diplômante. Il est possible de faire reconnaître par un diplôme les compétences acquises dans le cadre d'activités bénévoles ou salarié-es à condition de les avoir exercées durant plus de trois ans, soit un minimum de 2 400 heures d’activité.
La formation des bénévoles
La première formation des bénévoles associatifs se fait sur le terrain, par le partage de l’expérience entre nouveaux arrivés et anciens. Avec l’augmentation des obligations administratives, les bénévoles associatifs doivent pouvoir se former.
La loi relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie étend à tous les bénévoles la possibilité de faire financer leur formation par des Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA).
Les bénévoles obtiennent les mêmes droits au financement de leur formation que les salarié-es, à condition que l’association ait des salarié-es, cotise à un OPCA et que la formation soit en rapport avec l’action des bénévoles dans l’association.
La formation des responsables associatifs
Le Certificat de Formation à la Gestion Associative (CFGA) a pour objectif de valoriser l’engagement bénévole et de développer des compétences (décret n° 2008-1013 du 1er octobre 2008 et arrêté d'application du 15 décembre 2008).
La formation des employeurs associatifs
Lorsque l’association a des salarié-es, la formation des administrateur-trices est vivement conseillée puisque le Code du travail et, le cas échéant, la convention collective s’appliquent. Ces formations sont l’occasion de réfléchir à la responsabilité de l’association employeur dans le cadre de l’économie sociale et à ce qui la différencie de l’employeur de l’entreprise à but lucratif.
La formation des salarié-es
Les salarié-es ont un droit réglementé à la formation. Chaque employeur doit assurer leur formation et cotiser à un Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA) permettant la prise en charge partielle ou totale des frais de formation et des frais annexes.
Cette cotisation n’est pas, à ce jour, comprise dans le chèque emploi associatif, l’employeur doit donc la régler en plus.
Quel que soit son contrat de travail, un-e salarié-e peut se former pendant (ou en partie) son temps de travail : plan de formation de l'entreprise, congé individuel de formation (CIF), droit individuel à la formation (DIF), validation des acquis de l'expérience (VAE), périodes de professionnalisation…
La formation des volontaires
La vocation première d’un volontariat est la contribution originale à un projet associatif.
Il revient à la structure d’accueil d’organiser les conditions permettant aux volontaires d’accomplir leurs missions. Dans ce cadre, des formations peuvent être mises en place. Certaines formes de volontariat (tel que le service civique) impose un dispositif de formations obligatoires.
Qui forme ?
Les fédérations, les CRIB ou les services déconcentrés de l’Etat (D.D.C.S.) mettent en place des formations des bénévoles adaptées à leur emploi du temps et aux finances des petites associations.
Pour la formation des professionnel-les de l’animation, un certain nombre de fédérations sont aussi agréées centre de formation.
Qui aide ?
Tous les bénévoles qui souhaitent se former peuvent, s'ils sont salarié-es par ailleurs, faire financer cette formation dans le cadre de leur droit individuel à la formation (DIF).
Les solutions pour les bénévoles d’association employeurs
Ils peuvent bénéficier de congés formation (loi 2000-627 du 6 juillet 2000 et article L6322-1 du Code du travail) sur des actions de formations permettant : « de s’ouvrir plus largement à la culture, à la vie sociale et à l’exercice des responsabilités bénévoles ». Les bénévoles peuvent suivre des formations inscrites au plan de formation de l’association, ou financées par des organismes collecteurs ou entrant dans le cadre d’un engagement de développement de la formation (E.D.D.F.).
Les solutions pour les bénévoles d’associations non employeurs
L’association peut inscrire des temps de formations dans ses demandes de subventions ou organiser un temps de formation pour l’ensemble de ses membres. Des aides peuvent être obtenues auprès du conseil de développement de la vie associative (CDVA) ou du Centre national pour le développement du sport (CNDS) pour le secteur sportif.
Les aides pour les salarié-es associatifs
La formation professionnelle a connu une profonde réforme. Si l’association a des salarié-es, elle doit s’adresser à l’O.P.C.A. auprès duquel elle cotise pour connaître les modalités de prise en charge et monter un dossier avant le début de la formation.
Particularités des 18-25 ans
Les jeunes salarié-es ou apprenti-es peuvent bénéficier du congé cadre-jeunesse pendant leur temps de travail qui permet d’obtenir un congé non rémunéré de 6 jours ouvrables par an, pour se former comme cadres et animateur-trices d’associations de jeunesse, d’éducation populaire ou sportive. Le Code du travail fixe sa mise en œuvre et notamment les conditions de refus potentiel de l’employeur (articles L3142-43 à L3142-46, D3142-17 à D3412-24, L-3142-43 du Code du travail).
En savoir + :
DIRECCTE : www.direccte.gouv.fr
Direction Départementale de la Cohésion Sociale
http://vosdroits.service-public.fr
Jurisassociations n°424 15 septembre 2010
Associations mode d’emploi n°112 - Octobre 2009, n°116 - Février 2010, n°121 – Août-Sept. 2010, n°127 – Mars 2011
Quelles sont les aides pour les bénévoles ?
Congés de représentation
Un employeur est tenu d’accorder aux salarié-es désigné-es comme représentant-es d’une association loi 1901 le temps nécessaire pour participer aux réunions des différentes instances, consultatives ou non, dans lesquelles l’association doit siéger et dont la liste est publiée par chaque ministère. Ceci dans la limite de 9 jours par an (fractionnables en demi-journées) et sous réserve de ne pas porter préjudice à la bonne marche de l’entreprise.
L’employeur n’est pas tenu de maintenir le salaire mais si c’est le cas il bénéficie de déduction fiscale.
Un décret du 28 septembre 2005 précise les modalités de prises de ces congés de représentation pour les fonctionnaires et agents territoriaux.
Le congé de solidarité internationale
La loi n°95-116 du 4 février 1995 permet aux salariés ayant un an d’ancienneté d’effectuer jusqu’à 6 mois de mission, hors du territoire, pour une association humanitaire ou une organisation internationale dont la France est membre, listées à ce jour par l’arrêté du 30 juillet 1996. Durant ce temps, le contrat de travail est suspendu.
Avantages fiscaux
Le-la bénévole ne dispose d’aucun statut fiscal privilégié. Toutefois, s’il renonce à se faire rembourser ses frais de déplacement par l’association, il pourra bénéficier d’une déduction fiscale calculée sur la base de 0,302 € au kilomètre quelle que soit la puissance fiscale de l’automobile utilisée (barème fiscal 2011, année 2010).
Si l’association ne rembourse pas les frais engagés, ceux-ci sont considérés par les services fiscaux comme un don et ouvrent droit à une réduction d’impôt égale à 66 % de son montant dans la limite de 20 % du revenu imposable. L’association doit donner obligatoirement un reçu de don au bénévole.
Chèque repas
Depuis septembre 2006 (loi n°2006-586 du 23 mai 2006), le traditionnel «ticket-restaurant» est accessible aux bénévoles sous l’appellation de «chèque-repas». Pris en charges à 100 % par l’association et exonéré de charges sociales et fiscales, son montant maximum est de 5,70€ (2010).
Il est réservé aux associations, régulièrement constituées et aux personnes exerçant une activité bénévole régulière.
En savoir + :
Commission nationale des titres-restaurant : www.cntr.fr
DIRECCTE : www.direccte.gouv.fr
Code du travail : www.legifrance.gouv.fr
